Feuille de quinzaine n°501

Du dimanche 19 novembre au dimanche 3 décembre 2023

VIIe JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES
« Ne détourne ton visage d’aucun pauvre »
 (Tb 4, 7) extrait du message François

« La Journée Mondiale des Pauvres, signe fécond de la miséricorde du Père, a lieu pour la septième fois afin de soutenir la marche de nos communautés. C’est un rendez-vous que l’Église enracine progressivement dans sa pastorale, pour découvrir toujours mieux le contenu central de l’Évangile. Chaque jour, nous sommes engagés dans l’accueil des pauvres, mais cela ne suffit pas. Un fleuve de pauvreté traverse nos villes et devient toujours plus grand jusqu’à déborder ; ce fleuve semble nous submerger si bien que le cri des frères et sœurs demandant de l’aide, du soutien et de la solidarité s’élève de plus en plus fort. C’est pourquoi, le dimanche qui précède la fête de Jésus Christ Roi de l’Univers, nous nous retrouvons autour de sa Table pour recevoir à nouveau de Lui le don et l’engagement de vivre la pauvreté et de servir les pauvres………..
« . Les pauvres sont des personnes, ils ont des visages, des histoires, des cœurs et des âmes. Ce sont des frères et des sœurs avec leurs mérites et leurs défauts, comme tout le monde, et il est important d’entrer dans une relation personnelle avec chacun d’entre eux.  « Que notre attention envers les pauvres soit toujours marquée par le réalisme évangélique. Le partage doit correspondre aux besoins concrets de l’autre, pas pour me débarrasser du superflu. Ici aussi, il faut du discernement, sous la conduite de l’Esprit Saint, pour reconnaître les véritables besoins de nos frères et non nos propres aspirations. Ce dont ils ont certainement besoin de toute urgence, c’est de notre humanité, de notre cœur ouvert à l’amour. N’oublions pas : « Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » La foi nous enseigne que tout pauvre est un enfant de Dieu et que le Christ est présent en lui : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

Le message du PAPE FRANCOIS me fait penser à Philippe Dupagne que plusieurs ont connu à la paroisse et aux captifs la libération. Je choisis de vous partager quelques passages de son témoignage après de nombreuses années à la rue il nous partage son chemin de vie. Philippe après une vie bien remplie avec un cœur généreux est décédé la semaine dernière. « Le Père Giros avait une idée très précise sur le rôle social de l’église. Pour lui, l’église devait s’ouvrir vers l’autre et non l’autre vers l’église. Avec les problèmes mais aussi les bonheurs que cela supposait. Il a instauré les prières de rue. C’était des moments privilégiés de rencontre et de partage entre les gens de la paroisse et les SDF qui étaient totalement intégrés comme faisant partie de la paroisse. Après la mort de Patrick, l’ambiance est demeurée, elle s’est même amplifiée. Selon mon expérience, la paroisse de Saint-Leu s’est ouverte de plus en plus vers les gens qui n’ont pas de toit »

« On ne sort pas de la rue tant qu’on n’est pas prêt. » Il y a beaucoup d’addictions dans la rue, à la drogue, à l’alcool, il ne faut pas se le cacher. Moi j’ai eu la chance de ne jamais toucher à ça. C’est ce qui m’a permis de m’en sortir. Aujourd’hui j’ai un logement, je fais du bénévolat, je me suis intégré à la paroisse avec une perspective d’évolution diaconale. Ma sortie de la rue remonte à seulement 3 ans. Je ne rejette pas ces années, mais j’ai franchi un cap. Je m’aperçois que ce que le père Patrick me disait, toutes les petites graines qu’il semait chaque jour en moi, tout ça a fini par germer. On ne sort pas de la rue tant qu’on n’est pas prêt. Les bénévoles des Captifs savent cela. Ils sont simplement à l’écoute, ils ne nous poussent pas. Ils viennent les mains vides, avec ce qu’ils sont, leur personnalité. Les mains vides mais remplies de tout ce que le Seigneur peut donner. L’essentiel, c’est la relation de personne à personne. Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on apporte, mais qui on est.

Il nous apprenait cela aussi : à aller toujours de l’avant sans jamais s’arrêter. Même si on a atteint son but, il faut tout de même continuer. Ça ne sert à rien de regarder en arrière, ni ce qui se passe aujourd’hui. L’essentiel, c’est demain, car demain est fait d’aujourd’hui et d’hier. » Je pense souvent à la phrase de l’Abbe Pierre « il faut toujours laisser un carreau de cassé pour entendre la clameur des pauvres » Je souhaite avec un même cœur ; Paroissiens, membres de captifs la libération d’entendre les cris des pauvres de la rue st Denis  et de les accueillir

Sœur SOLANGE